Nous le savons, les lois qui régissent notre monde physique sont parfois paradoxales. Dans le monde social et psychologique il arrive même que des lois ou des concepts soient contradictoires.
Je vais tenter d’exprimer, à l’aide d’exemples simples, pourquoi je considère qu’il se trouve un paradoxe psychologique dans l’univers de la relativité créé par une société en développement technologique.
Ce paradoxe s’exprime par une modification de la perception de soi en fonction du contexte et des circonstances. Un exemple incroyable est celui des réseaux routiers mettant en scène l’automobile:
Cohabitation: voitures et piétons
Pour ceux qui, comme moi, on eu le plaisir d’expérimenter à la fois la philosophie du piéton et celle de l’automobiliste et qui ont, à de nombreuses reprise, eu à se déplacer à pieds mais aussi en voiture.
Le stress des piétons
C’est extraordinaire de marcher en ville, le nombre de stimuli visuels et auditifs est si grand qu’on peu difficilement trouver le temps long. De grandes vitrines pleines de produits accrochant l’œil et des coup de marketing et publicitaires enrobent notre champ de vision. Pour ressentir une telle énergie, il m’est beaucoup plus intéressant de marcher en ville qu’en campagne. Il n’en est pourtant rien lorsque j’ai une envie de plénitude ou de calme, situation où la nature m’interpellera certainement. J’ai souvent eu l’impression d’être dans une bulle, en transe avec l’environnement qui, bien que bruyant, est propice à l’introspection. Cette bulle fut souvent brisée par quelques automobilistes agités ou par quelques bruits impulsifs de klaxons et de tuyaux d’échappement endommagés.
Dans les cas où je marchai par obligation (travail, rendez-vous), il m’arriva souvent d’être confrontés à des stress encore plus intenses. Étant nerveux de nature et détestant arriver en retard j’ai souvent été pris de colère à la suite d’une voiture qui ne respectait pas les limites de vitesses ou encore qui fit acte d’impatience et de témérité. Plusieurs fois J’ai hurlé, crié des injures à des conducteurs qui me coupaient alors que j’avais la priorité, disant «Tu va arriver chez toi avant moi de toute façon, espèce de … !» et allant souvent jusqu’à fantasmer ma vengeance.
Le stress des automobilistes
Je ne serait pas si objectif si je ne considérait pas le fait que je fut souvent «l’autre», le conducteur.
Chose surprenante, je marche en direction du stationnement, me frustre au passage sur un type en Honda qui ne considérait pas mes droits de piéton. J’embarque dans ma voiture, je sort du parking et Hop me voilà qui accélère pour ne pas manquer le feu vert qui disparait laissant place à un panneau clignotant indiquant la traverse de piétons. Sans aucune courtoisie je m’avance en direction des piétons qui traversent, les invitant à se dépêcher.
Comment, en moins de 5 minutes suis-je passé de victime à prédateur ?
Voilà le paradoxe:
En tant que piéton, je reproche aux automobilistes ce que je fait lorsque je suis au volant; en tant que conducteur je reproche au piétons de me reprocher quelque chose.
Que ce passe-t-il donc dans ma tête pour ne pas conserver d’intégrité générale dans cette histoire? Pourquoi lorsque je suis au volant suis-je victime de trous de mémoires suffisamment grands pour oublier comment je me sens lorsque je suis à pieds?
Est-ce par vengeance que j’agis de la sorte ?
La signalisation pro-piétonne
Voilà qui est propice à la frustration des automobilistes:
- Panneaux de traverses pour piétons où des piétons surgissent de nulle part revendiquant un droit de passage immédiat.
- Piétons qui ne traversent pas où il y a des panneaux mais au centre de la rue.
- Attente de 30 secondes à un feu rouge parce que quelqu’un a activé la traverse de piétons mais à traversé avant que ce soit le moment.
- Piétons qui continuent de traverser alors que leur priorité est terminée.
- Piétons qui traversent lorsque la priorité est aux automobiles.
La signalisation pro-automobile
Alors que plusieurs villes comme Montréal et Magog semblent privilégier les voies piétonnes et cyclables, D’autres villes comme Québec et Drummondville Semblent être plutôt axés sur l’efficacité des déplacement automobiles.
- Les feux pour piétons sont souvent très court et occasionnent des frustrations chez les passants qui traversent donc illégalement lorsqu’une opportunité se présente augmentant la frustration des conducteurs surpris.
- l’ergonomie des trottoirs et des traverse semblent souvent passer par des chemins mal entretenus, inutiles ou trop longs pour rien
Autres stress des automobilistes
Outre les piétons, plusieurs éléments sont source de stress
- Du au fait que la voiture soit un moyen de transport plus rapide, les gens ne partent rarement en avance, pour gagner du temps, et sont donc souvent pressés par leur emploi du temps.
- On peu ajouter aussi le stress du fait de risquer notre vie et de la valeur de la voiture qui est couteuse, donc on ne veut pas d’accidents, source de nervosité face à la conduite des autres.
- Réparations dispendieuses, à l’affut de chaque bruit étrange et susceptible de devenir source de coût.
- Usure générale comme les freins: sentiment semi-conscient qu’a chaque fois qu’on freine on utilise les freins.
- les Embouteillages sont source de bien des soucis, par exemple ceux qui conduisent une voiture à transmission manuelle doivent constamment embrayer et débrayer pour avancer, arrêter, avancer, arrêter… etc.
- Consommation d’essence de la voiture
Désordre circulatoire
Aussi ridicule que cela puisse apparaitre, des gens qui se plaignent de conducteurs qui roulent vite devant leur maisons, le font eux même dans d’autres quartiers résidentiel sans se soucier des gens qui comme eux ont des enfants qui jouent dehors.
Le virage à droite au feu rouge
Certains piétons comprendront ce que je veux dire, le virage à droite au feu rouge peut être une vrai calamité pour les piétons, qui, une fois dans leur voiture feront possiblement la même chose:

Dans cette image le piéton en C à de la difficulté à traverser une intersection (qui est sans feux de circulations) parce que les moments d’accalmies des automobilistes provenant des deux sens de la voie A (moments qui normalement permettrait aux piétons de traverser) sont emplis par des automobilistes de la voie B qui font un virage à droite au feu rouge.
Le syndrome du stationnement
Quel piéton n’a jamais ressenti l’impression d’être au beau milieu d’une compétition lorsqu’il marchait dans un stationnement de magasin à grande surface ? Le combat ultime des automobilistes qui assoiffés de sang, seraient prêts à sacrifier la vie de leur famille pour avoir une place le plus proche de la porte d’entrée chez Walmart. Ils sortent de leur voiture et se font dévisager par les piétons jaloux qui ont du se stationner plus loin.
Cyclistes urbains
Puisqu’il n’y a pas que les piétons et les automobilistes, voici les cyclistes:
Alors que je me dirige en vélo vers une destination nécessitant l’emprunt d’une voie (non cyclable) achalandée, coincé entre le passage des voitures et le trottoir, ma frustration augmente à mesure que je respire les vapeurs toxiques des voitures qui passent trop près. De retour chez moi, j’embarque dans ma voiture pour aller faire les courses et hop! «Ces cyclistes, toujours au beau milieu de la rue». Je suis sur une voie double et me fâche de me faire dépasser par la voiture qui s’en vient derrière moi pour que je libère la voie de droite, occupant le cycliste. Encore là, c’est pas trop mal, imaginez qu’à cause de cette situation, je manque mon prochain feu vert, ou pire, que je doivent tourner à droite et que je perde ma voie à cause d’autres d’égoïstes conducteurs sans courtoisie, comme moi!
Transport en commun
Que dire du transport en commun ?
Il est si mal implanté dans certaines villes que la minorité d’autobus devient un fardeau pour les automobilistes brimés dans le droit que leur donne les coûts élevés en intérêts du financement de leur voiture neuve.
La plus grosse aberration est pour moi de voir un automobiliste en colère contre un autobus dans un embouteillage «En plus, ils arrêtent aux passages à niveau et ils ont toujours priorités!!». Les voies réservés pour autobus et taxis servent justement à valoriser le fonctionnement du transport en commun et donc à diminuer le trafic. si tout le monde utilisait le transport en commun nous n’en serions pas là et nous polluerions beaucoup moins.
Conclusion
Nous pourrions conclure ces observations en disant que lorsqu’on est dans un contexte précis, nous sommes dans un état d’esprit compatible avec la situation présente. Que le paradoxe vient du fait qu’il nous soit difficile, dans ce même contexte, d’avoir l’état d’esprit que nous aurions si nous étions dans une situation inverse.
Le paradoxe ultime demeure quand-même que nous ayons ds pieds et non des roues et qu’a montréal seulement, il y ait 17687 km de routes.