Pourquoi la simplicité porte à confusion ?
Pourquoi l’incompréhension pousse à l’insatisfaction?
Pourquoi l’insatisfaction, elle, pousse au désir?
Pourquoi le désir complexifie la perception?
Tant de chaos dans l’harmonie. Ce qui est beau pour quelqu’un ne l’est pas pour un autre.
J’ai parfois eu l’impression que mon acharnement à vouloir tout comprendre rendait encore plus ardu ma compréhension. Je crois enfin avoir compris quelque chose.
Comprendre la perception c’est se contraindre à l’absence de toute certitude même avec toute la rigueur du monde.
Mais où se cache donc la perspective?
Est-elle une qualité de la sagesse ?
L’avenir nous permettra-t-elle de voir notre petitesse?
Peut-être qu’au fond, tout le monde le sais!
Tricherie? Dans la certitude de son infériorité être le meilleur des perdants est beaucoup plus valorisant qu’être le pire des victorieux.
La vérité inatteignable:
Un système, des règles précises, le temps, l’espace. La vie est un grand jeu d’échecs. Il n’y a pas de destin ou de finalité prévue à l’avance. Tout se crée au fur et à mesure du moment présent qui avance au rythme du temps, sous l’influence des lois qui régisse ce système, la nature, la physique.
Croire qu’un humain puisse comprendre tout à ce jeu qu’est la vie est une erreur prétentieuse et faussement libératrice. Cette erreur viens de la confusion de l’état de ce qu’est le joueur par rapport au jeu.
On croit qu’aux échecs, les joueurs sont ceux qui déplacent les pièces du jeu, il n’en est rien. Les vrais joueurs aux échecs sont les pions, les tours, les chevaliers, les fous, la reine et le roi!
Ceux qui déplacent les pièces sont les créateurs, ceux qui régissent la vie du jeu, les règles et les lois. Croyez vous, alors, qu’un pion, un fou ou encore une reine puisse comprendre son propre monde? Non! Il serait facile de dire «Mais, les pièces sont dénudés de vie, ils sont en bois, en verre, en plastique…».
Les pièces du jeu prennent vie lorsque nous les déplaçons. Nous, les créateurs, donnons vie à ce jeu et à ses joueurs. Il en est de même pour notre monde, nous pauvres humains mortels somme les joueurs d’un jeu encore plus complexe, la vie. Nos créateurs n’ont rien d’humain (ni de Dieu), ils sont en fait les lois de la physique, de la nature, de la matière qui nous influencent en tout point d’une manière si complexe que nous n’avons pas les facultés nécessaires à les comprendre profondément ni avec certitude son fonctionnement. «Quand on a le nez collé sur l’arbre, on ne voit pas la forêt»
Aux échecs, comme dans la vie, les joueurs dépendent des circonstances, du contexte et de leur environnement.
Cette vérité, la seule qu’on puisse vraiment accepter, est si difficile à prendre qu’on préfère s’imaginer et se prouver notre toute puissance par des gestes contre-nature dans l’unique but d’oublier notre misère, notre dépendance et créer à notre tour des systèmes, des jeux dont nous somme les créateurs et où nous pouvons assouvir nôtre désir de vengeance en tentant, au moins d’être le meilleur, de se démarquer de la masse des joueurs pour enfin oublier, l’espace d’un instant, l’infériorité injuste de notre statut, de notre existence.
Un simple pion